Interview 

Le courtier
« Prêt » à négocier

Par Christophe Raffaillac |  Le 20/06/2017

C'est bien connu, « le temps, c'est de l'argent » ! Le courtier vous permet d'en gagner énormément en négociant des crédits intéressants auprès de différentes banques. Cécile Roquelaure, directrice de la communication et des études Empruntis, nous explique comment elle négocie dans l'intérêt des emprunteurs !

Pourquoi faut-il profiter des taux actuels malgré les légères hausses ?

Cécile Roquelaure : les 6 mois qui viennent de s'écouler nous ont ramené au niveau des taux qui se pratiquaient il y a 12 mois. Mais ils restent exceptionnellement bas, puisque les bons profils peuvent emprunter à un taux de 1,3 % sur 20 ans, tandis que les clients les moins gâtés décrocheront un taux de 1,8 %. À titre de comparaison, les valeurs se situaient entre 2,45 et 3,15 % en juin 2014. Et 6 ans plus tôt, en juin 2008, les emprunts immobiliers se négociaient aux alentours de 4,90 % ! Conséquence : le coût du crédit a été divisé par deux en l'espace de 3 ans !

Pensez-vous que cette hausse des taux va se poursuivre ?

Cécile Roquelaure : De toute évidence, les clignotants sont au vert pour les emprunteurs, d'autant que les primo-accédants bénéficient du prêt à taux zéro pour se loger à coût réduit, et les investisseurs profitent du dispositif Pinel pour défiscaliser l'achat d'un bien locatif. La seule ombre au tableau nous vient des prix de l'immobilier qui amorcent une remontée, surtout dans les grandes agglomérations.

Quels sont les taux moyens proposés pour acheter dans l'ancien et le neuf ?

Cécile Roquelaure : selon le profil de l'emprunteur, le taux proposé pour un emprunt sur 15 ans varie entre 1 % et 1,55 %. Et pour les durées plus longues, sur 25 ans, la valeur se situe entre 1,55 % et 2 %. Des différences non négligeables, qui sont liées à la prime aux risques pour impayé, résultant d'une perte d'emploi ou d'une mauvaise gestion personnelle… Logiquement, les aléas auxquels l'emprunteur s'expose s'avèrent nettement moins importants sur des durées courtes.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Le courtier en prêt immobilier vous aide à négocier les meilleures conditions pour emprunter ! Pensez à le consulter.

Peut-on aujourd'hui emprunter sans apport personnel ?

Cécile Roquelaure : l'emprunteur doit idéalement autofinancer les frais d'acquisition, c'est-à-dire le coût à régler chez le notaire et les garanties bancaires. Mais disposer d'un apport personnel permet de s'adresser à un maximum de banques. En effet, peu nombreux sont les établissements bancaires qui acceptent de financer 110 % du projet d'acquisition (prix d'achat + frais). À ce jour, sur l'année 2017, 10 % de nos emprunteurs ont pu réaliser leur projet sans mobiliser d'épargne, mais ils n'ont pas pu profiter d'un taux aussi avantageux que s'ils avaient financé une part de leur acquisition. Pourquoi ? Par mesure de précaution, puisque la banque se doute que si le bien doit être revendu à court terme, son prix ne permettra pas de couvrir le montant total du crédit. Là encore, le risque potentiel se traduit par un surcoût pour l'emprunteur. Par conséquent, il vaut mieux emprunter avec de l'apport, qui représente idéalement 10 % du coût global dans l'ancien et 5 % dans le neuf.

INFO UTILE

Si les taux de crédit ont retrouvé leur niveau d'avant l'été 2016, soit 1,80 % sur 20 ans, il faut se rappeler qu'ils se situaient à 2,45 % en juin 2014, et à 2,83 % un an plus tôt en juin 2013.

Comment peut-on valoriser au mieux son épargne en tant qu'emprunteur ?

Cécile Roquelaure :  c'est une question clé qui mérite d'être bien posée. En effet, certaines banques apprécient que l'épargne leur soit transférée. Dans ce cas, elles consentent de bonnes conditions d'emprunt, même pour financer un projet à 110 %. Les taux actuels autorisent de s'endetter à moindre coût et favorisent la préservation de l'épargne. Ajoutons que toutes les prestations annexes comme les assurances voiture, maison, assurance-vie… méritent d'être intégrées dans la négociation, puisqu'elles permettront de faire valoir des arguments intéressants auprès du banquier. Il s'agit de produits rentables pour les banques, ils permettent de fidéliser la clientèle.

En quoi le courtier Empruntis peut aider les acquéreurs à obtenir les meilleures conditions ?

Cécile Roquelaure : c'est évident que le courtier peut accompagner l'emprunteur dans sa négociation. Il connaît les pratiques commerciales des établissements, et il saura défendre le dossier de son client au mieux de ses intérêts. Bien des prêts peuvent être débloqués grâce à l'intervention du courtier. Il saura aussi préconiser des spécificités, comme la transférabilité du prêt sur un autre bien en cas d'achat/revente, ou encore la préconisation d'une assurance emprunteur… L'avantage, c'est une approche sur-mesure pour l'emprunteur.

"Bien des prêts peuvent être débloqués grâce à l'intervention du courtier"

Quelles sont les économies à réaliser sur le coût de l'assurance emprunteur ?

Cécile Roquelaure : la situation a beaucoup évolué ces dernières années à coup de législation. La loi Lagarde avait conduit les banques à plus de transparence dans la présentation de leur offre. La loi Hamon a introduit une plus grande souplesse dans le choix de l'assurance emprunteur, avec la possibilité de changer dans les douze mois qui suivent la signature de l'offre de prêt. Et depuis cette année, la possibilité de délégation à un autre assureur peut s'effectuer à chaque date anniversaire, comme c'est le cas pour l?assurance habitation ou automobile. Tout cela participe à la mise en place d'un environnement de plus en plus concurrentiel, où les emprunteurs disposent d'une offre de service plus variée. En s'adressant au courtier, ils bénéficient en plus de services personnalisés.

COÛT DU CRÉDIT EN BAISSE !

Comparatif pour un emprunt de 100 000 euros sur 20 ans :
  • en juin 2017 : taux de 1,80 % pour une mensualité hors assurance de 473 euros et un coût du crédit de 13 616 euros.
  • en juin 2014 : taux de 2,15 % pour une mensualité hors assurance de 527 euros et un coût du crédit de 26 593 euros.
La baisse de la mensualité est de 11 % à 13 %, tandis que le coût du crédit a été quasi divisé par 2 pour les meilleurs profils et un peu moins de 2 pour les ménages plus modestes.

Propos recueillis le 23 mai 2017