Interview 

Emprunter
Le plus « taux » sera le mieux !

Par Christophe Raffaillac |  Le 18/02/2019

Avec ses taux planchers, le crédit immobilier permet de gravir les marches de l'accession à la propriété avec moins de difficultés. Maël Bernier, directrice de la communication du courtier meilleurtaux.com, confirme qu'il est possible d'emprunter pour financer la maison du sol au plafond :)

Les courtiers jouent désormais les premiers rôles dans les financements des projets immobiliers. S'ils repèrent les meilleurs taux, ils savent aussi proposer les bons plans de financement. En ouvrant les portes de l'accès au crédit dans les meilleures conditions pour les emprunteurs, Meilleurtaux compte parmi les partenaires à consulter avant d'acheter.

Que promet cette nouvelle année aux emprunteurs ?

Maël Bernier : Pas de raison de céder à la panique face à une éventuelle remontée des taux en ce début d'année, ils devraient rester sous la barre des  2 %. Plusieurs raisons à cela : l'absence de reprise économique, l'inflation inférieure à 2 % et la stabilité des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) qui jouent en faveur des emprunteurs. De plus, les banques se sont fixé pour 2019 des objectifs commerciaux aussi ambitieux qu'en 2018 qui fut une année record. Elles veulent donc capter de nouveaux clients et accompagner le financement du secteur immobilier.

Faut-il craindre une hausse des taux dans quelques mois ?

Maël Bernier : On ne peut exclure une petite hausse des taux de 0,10 % d'ici à la fin du premier semestre 2019. Mais pour l'heure, la demande de prêt est au rendez-vous en ce début d'année, ce qui est de très bon augure pour les emprunteurs. Les chiffres nous confirment une demande de crédit supérieure à celle enregistrée il y a un an.

Donnez-nous quelques repères en matière de taux sur 15, 20 et 25 ans ?

Maël Bernier : le taux moyen sur 15 ans se situe entre 1,35 et 1,40 %, sachant qu'un très bon dossier peut obtenir un taux de 1,05 %. Précisons que ces profils choyés par les banques disposent d'une épargne conséquente, avec apport personnel représentant au moins 20 % du prix d'acquisition.

Faut-il faire un apport personnel ?

Maël Bernier : idéalement non, puisque les taux d'intérêt à 1,5 % en moyenne sont inférieurs à l'inflation qui atteint 1,9 %, ce qui représente potentiellement un gain d'argent. Si le plan de financement n'oblige pas de mobiliser de l'épargne pour acheter, il vaut mieux la conserver et emprunter le plus possible. Les acquéreurs ont donc tout intérêt à s'endetter, sachant que l'assurance Décès - chômage - invalidité (DCI) prend le relais en cas de nécessité. Emprunter, c'est s'enrichir !

Quels points faut-il bien prendre en compte pour étudier une proposition de crédit ?

Maël Bernier : Il ne faut pas se contenter de comparer les taux et prendre en compte le coût global du crédit. À commencer par étudier l'assurance et les garanties associées, sachant que l'emprunteur peut opter pour une délégation. Cela revient à choisir un autre assureur que celui proposé par la banque. Précisons qu'avec l'amendement Bourquin, l'emprunteur peut changer d'assurance à la date anniversaire du prêt. Ne pas oublier non plus de négocier les frais de dossier qui varient dans des proportions importantes (de 300 à 1000 €) selon les établissements bancaires.

En quoi le courtier peut-il apporter une aide précieuse ?

visuel dossier
Maël Bernier : Le courtier ne se limite pas à trouver le meilleur taux, il accompagne l'emprunteur dans le montage du plan de financement le plus avantageux pour lui. Il intervient depuis la constitution du dossier de prêt à taux zéro jusqu'à la mise à disposition des fonds, en passant par le lissage des prêts, opération qui consiste à aménager les mensualités en fonction des prêts en cours. Et selon les profils, le courtier accompagne son  client dans le choix de la garantie, de type mutuel ou réel.

Selon vous, quelles sont les deux erreurs à éviter lorsque l'on emprunte ?

Maël Bernier : Première erreur : il ne faut pas minimiser le montant de son emprunt et lever trop d'épargne en vue de financer son projet. Seconde erreur : il convient d'être vigilant sur sa capacité de financement et ne pas emprunter au-delà de ce qu'il est possible d'assumer. Car un bien immobilier s'accompagne de nombreuses charges liées à la copropriété, aux taxes foncières, aux travaux d'entretien… qui viennent s'ajouter aux mensualités.

Donnez-nous deux bonnes raisons de se lancer sans tarder dans un projet immobilier ?

Maël Bernier : Première raison : les conditions d'accès à l'emprunt n'ont jamais été aussi favorables, il faut en profiter. Les taux se situent en dessous du niveau de l'inflation, ce qui permet de s'enrichir vu que le coût du financement immobilier semble plutôt figé. Seconde raison : l'immobilier a prouvé sa grande stabilité au plan patrimonial, subissant peu de fluctuations au niveau de sa valeur. Par conséquent, c'est l'occasion d'emprunter alors que l'argent ne coûte pas cher et que les placements financiers se montrent faiblement rémunérateurs.

Propos recueillis en janvier 2019