Interview 

Christine Ockrent
Pages spéciales sur le prince d'Arabie

Par Christophe Raffaillac |  Le 22/03/2019

La célèbre journaliste de télévision continue de s'intéresser à l'actualité. Son dernier documentaire nous transporte au sommet du royaume d'Arabie saoudite. Un reportage qu'elle réalise avec la plume pour nous faire découvrir le jeune prince réformateur Mohamed Ben Salman. Découvrons la passion qui lie Christine Ockrent à cet empire du Moyen-Orient au travers d'une interview exclusive.

Qu'est-ce qui vous a incitée à enquêter sur le royaune d'Arabie ?

Christine OCKRENT : Il s'agit en effet d'une enquête qui nous transporte en Arabie saoudite, ce royaume tout à fait mystérieux et opaque. Si nous avons eu l'habitude de voir des monarques cacochymes régner sur le pays, c'est avec stupéfaction que nous découvrons l'arrivée au pouvoir du jeune prince Mohamed Ben Salman. Il concentre véritablement tous les pouvoirs et il surgit avec la volonté d'enclencher des réformes dans une société complètement figée et archaïque. Sans compter l'interprétation qui est faite de la religion, sans doute la plus rigoriste de l'Islam, qui impose des mœurs véritablement étouffantes pour la jeunesse.

D'où tenez-vous cette passion pour le royaume d'Arabie ?

Christine OCKRENT : Ce qui me passionne, c'est de voir comment un système peut évoluer et, à travers ce personnage, tout ce qu'il entreprend. Avec des prises de décisions très éparses, comme cette horrible guerre au Yémen ou encore des réformes un peu dérisoires avec le permis de conduire accordé aux femmes. Nous percevons cette grande ambivalence du personnage, marqué par ce côté noir ou plus progressiste. N'oublions pas non plus le rôle majeur de l'Arabie saoudite dans le Moyen-Orient d'aujourd'hui face à l'Iran. Car l'Iran a véritablement gagné la partie en Syrie, en Irak, au Liban et jusqu'à un certain point au Yémen, puisqu'elle soutient les rebelles du Yémen.

Que nous apprend votre livre ?

Christine OCKRENT : Par rapport à tout ce contexte géopolitique, mon livre se veut aussi un polar, pour essayer de comprendre dans ce système où règne la polygamie et où il y a des centaines de princes richissimes, comment le jeune prince Mohamed Ben Salman a conquis le pouvoir et comment il essaye de s'y maintenir. Depuis, l'assassinat d'un journaliste saoudien à Istanbul vient compliquer encore les choses. Mais je crois que l'on comprend mieux cette complexité grâce à mon dernier ouvrage.

Un prince qui semble aussi se passionner pour l'immobilier ?

Christine OCKRENT : Oui, il a acheté une copie du château de Vaux-le-Vicomte, à Louveciennes près de Paris. L'amusant c'est que cette propriété a été financée par le promoteur immobilier Khashoggi. Il s'agit en fait du neveu du marchand d'armes qui a eu beaucoup de succès à Paris dans les années 1980, si j'ose dire !

Et de votre côté, par quel type de bien immobilier êtes-vous plutôt intéressée ?

Christine OCKRENT : Moi j'aime la mer, donc ce qui m'intéresse ce sont les biens en bord de mer.

Quels sont vos projets dans les mois qui viennent ?

Christine OCKRENT : Déjà de continuer à m'intéresser à l'Arabie saoudite, de continuer à faire mon métier, c'est-à-dire France Culture, la BBC, écrire des livres…