Interview 

Logement neuf
Exigez le savoir-faire LCA-FFB

Par Marie-Christine Ménoire |  Le 20/05/2019

Pour que la réalisation d'un logement neuf se déroule dans de bonnes conditions, les professionnels adhérents de la LCA-FFB - "Les Constructeurs et Aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment" - vous réservent les meilleures solutions. Grégory Monod, le nouveau président de cette organisation qui fédère les acteurs de la construction, nous dévoile ses grands chantiers à l'aube de son mandat.

Pourquoi faites-vous du PTZ votre cheval de bataille ?

Grégory MONOD : Parce que ce tremplin pour l'accession à la propriété est amené à évoluer dans les mois à venir. Aujourd'hui, seules les zones A et B (Paris et grandes agglomérations) autorisent une visibilité jusqu'à fin 2021 pour le prêt à taux zéro. Cependant, les zones B2 et C ne devraient plus être éligibles au 1er janvier 2020.  Mais nous gardons espoir que cette décision soit réétudiée. Julien Denormandie, ministre du Logement, estime que le maintien du PTZ se justifie sur tout le territoire. Le secteur du logement ne doit pas être seulement observé sous le prisme budgétaire. Pour preuve, s'il représente un coût de 42 milliards par an pour l'État, il génère en contrepartie environ 74 milliards de recettes fiscales. La dernière réforme du PTZ a entraîné une baisse de 30 % des demandes de permis de construire en 2018, soit  30 000 PTZ en moins. En réduisant l'assiette du PTZ, les pouvoirs publics veulent inciter les acheteurs et investisseurs à réaliser leur projet dans les zones tendues (A et B1). Mais comme le pouvoir d'achat s'y trouve moins élevé qu'en zones B2 et C, l'objectif risque de ne pas être atteint. Avec pour conséquence que la fracture territoriale en matière de logement s'accentue. Reste à espérer que le gouvernement va revoir sa copie, tant pour les acheteurs que les acteurs du secteur de la construction. L'activité économique et la création d'emplois dans le bâtiment en dépendent fortement.

LCA-FFB est un acteur référent en matière de construction. Quelles autres actions souhaiteriez-vous porter en tant que président ?

Grégory MONOD : Née de la fusion de l'UCI et UMF, la LCA-FFB compte seulement 3 ans d'existence. D'où ma volonté d'oeuvrer dans le même sens que mon prédécesseur, Patrick Vandromme. L'organisation représente la construction neuve dans son plus large spectre autour des métiers suivants :
  • constructeurs de maisons individuelles,
  • promoteurs immobiliers,
  • aménageurs fonciers,
  • et professionnels de la rénovation.
Ce 4e point constitue un nouvel ancrage. Il nous est apparu important de répondre à la demande de nos adhérents spécialisés dans la rénovation. Cela permet de tirer profit du plan "Action coeur de villes" où près de 9 milliards vont être investis par le gouvernement. Il me tient également à coeur de continuer notre veille technique sur les nouvelles façons de construire (habitat évolutif, nouveaux modes constructifs…). Et je souhaite enfin renforcer les coopérations avec nos partenaires tels que Saint Gobain, Saunier Duval, Velux, Engie, Lafarge, GRDF…), gage d'enrichissement mutuel via nos compétences et expériences complémentaires.

Quels sont les atouts du neuf ?

Grégory MONOD : Au niveau environnemental, il permet de répondre à des critères de performance élevés du fait de la réglementation thermique. À titre indicatif, nous construisons les logements neufs les plus performants au niveau européen. En 2020, la réglementation carbone viendra s'ajouter au cahier des charges pour limiter les émissions des bâtiments. Le calcul se fera au moment de la construction mais également sur toute la durée d'utilisation. Le neuf offre aussi tout un panel de garanties pour le maître d'ouvrage : décennale, dommage-ouvrage… Avec le contrat de construction de maison individuelle (CCMI), il se traduit par une garantie de prix et de délai de livraison. Enfin, le neuf apporte une réponse en termes de confort, de décoration, de surface du logement… dans les standards actuels.

Que conseillez-vous au primo-accédant qui veut faire construire ?

Grégory MONOD : D'élaborer son projet avec un constructeur de maisons individuelles qui lui propose un CCMI (Contrat de construction de maison individuelle) encadré par la loi de 1990. Elle protège le consommateur et rassure les banques. C'est essentiel et c'est le seul moyen d'avoir le maximum de garanties. Ensuite, il faut être attentif à l'environnement de la construction (emplacement, ensoleillement, voisinage, proximité des services et des réseaux de transport…). En cas de revente, il ne faut pas perdre de vue que certains paramètres peuvent être gênants pour l'acquéreur.

Comment envisagez-vous 2019 pour les acquéreurs ou investisseurs ?

Grégory MONOD : C'est toujours le bon moment pour acheter. Une affirmation particulièrement vraie ces dernières années grâce aux taux très compétitifs et à l'accès au crédit facilité. 2019 permet en outre aux primo-accédants et investisseurs de profiter des dispositifs PTZ et Pinel. Par contre, 2020 risque d'être plus problématique  si l'arrêt du PTZ en zones B2 et C prend effet. Mais nous avons bon espoir… Pour répondre à la demande des acquéreurs, nous devons veiller au stock de logements disponibles compte tenu de la rareté du foncier. À l'approche des élections municipales de 2020, certains élus pourraient être tentés de limiter les permis de construire pour préserver l'environnement et éviter les nuisances liées aux travaux. Autre obstacle : les recours des tiers au moment de déposer les permis de construire, même si depuis la loi Elan les tribunaux administratifs se prononcent plus vite.