Habitat 

Jardins familiaux
Une bulle d'oxygène pour les citadins

Par Stéphanie Swiklinski |  Le 18/11/2021

Bénéficier d'un jardin familial quand on est citadin est une véritable aubaine. Les habitants des villes se transforment en jardiniers en herbe pour quelques heures, dans leur petit paradis de verdure.

Le jardin familial : un potager pour tous

On les appelle tour à tour jardins familiaux, jardins partagés ou communautaires. La philosophie reste cependant la même. Il s'agit d'un espace géré et animé par des habitants d'un même quartier ou d'une même ville, qui se regroupent généralement en association. Cet espace a pour particularité d'être une grande parcelle de jardin réservée à la production potagère. On s'y retrouve dans une ambiance conviviale, pour cultiver ses légumes, ses fruits, ses plantes aromatiques qui viendront agrémenter nos plats et ses fleurs. Parfois, les plus audacieux se lanceront dans la production de miel, en installant une ruche. Le jardin familial est un lieu d'échange au sens propre et au sens figuré. Un lien social se tisse entre jardiniers et on s'échange alors quelques "tuyaux" afin que les escargots ne viennent pas dévorer les salades ou pour que les tomates soient encore plus savoureuses.

Jardins familiaux et Code rural

Le Code rural donne une définition juridique des jardins familiaux (extrait de l'article L 561-1) : Peuvent être dénommés "jardins familiaux", des terrains divisés en parcelles, lesquelles sont affectées à des particuliers y pratiquant le jardinage pour leurs propres besoins et ceux de leur famille, à l'exclusion de tout usage commercial. Tous les jardins répondant à ces critères, quelle que soit leur dénomination, sont assimilés à des jardins familiaux.

Comment bénéficier d'une parcelle à cultiver ?

La plupart des jardins familiaux se trouvant sur des terrains publics, ce sont généralement les communes ou les conseils départementaux qui sont propriétaires des parcelles. Elles peuvent alors imposer des conditions d'accès comme, par exemple, le fait de résider sur la commune en appartement ou imposer un certain plafond de ressources à ne pas dépasser. L'engouement pour ces jardins ne faiblissant pas, les personnes intéressées doivent aujourd'hui très souvent s'inscrire sur une liste d'attente. L'attente peut d'ailleurs durer plusieurs années, selon les endroits. Les confinements liés à la crise sanitaire n'ont fait qu'accentuer le phénomène. Chacun veut avoir son coin de verdure et faire son potager ! Au fur et à mesure que les terrains se libèrent, ils sont attribués dans l'ordre des inscriptions. En principe, une association gère et anime les jardins familiaux. Certaines d'entre elles n'hésitent pas à vous faire passer "un entretien" afin de connaître vos motivations et le temps que vous prévoyez de consacrer à la culture potagère. Il s'agit d'une aventure collective et chacun doit y mettre du sien pour l'entretien de la parcelle.

Quelques formalités avant de vous lancer

Si vous avez la chance de vous voir attribuer une parcelle à cultiver, vous devrez certainement signer un document consignant vos droits et vos obligations de futur jardinier. Il peut prendre la forme d'un règlement intérieur, d'un contrat ou d'une charte de bonne conduite. En cas de non respect du contrat, le jardin pourra vous être retiré. Un état des lieux est aussi établi au moment de l'entrée en jouissance avec l'inventaire des équipements éventuellement mis à votre disposition : cabane de jardin, collecteur d'eau de pluie... Vous vous engagez à laisser l'endroit à l'identique lors de votre départ, sinon la caution que l'on vous a demandée ne vous sera pas restituée, comme pour un contrat de location. Par ailleurs, une contribution financière peut être à verser tous les ans car il s'agit d'un droit d'usage du sol. Dans le cadre associatif, vous serez sans doute amené à verser une cotisation pour couvrir les différentes charges de fonctionnement. Dans tous les cas, ces sommes restent très modiques puisque le but est de permettre à chacun d'avoir un petit lopin de terre pour cultiver ses légumes.

Le jardin familial : un état d'esprit avant tout

Faire partie de jardins familiaux implique un certain état d'esprit, une sensibilité à l'environnement, une envie de manger des produits non traités cultivés soi-même avec amour... Même si l'on doit suivre les règles d'un règlement intérieur, concernant le fonctionnement du jardin, la plupart d'entre elles tombent sous le sens. Depuis le 1er janvier 2017, la législation interdit l'usage de produits phytosanitaires dans les jardins familiaux. Aucun produit chimique ne doit donc y être introduit. Il s'agit de cultiver bio et de respecter l'environnement. Les jardins familiaux sont d'ailleurs des espaces de préservation de la biodiversité animale et végétale et les jardiniers sont très souvent des amoureux de la nature. C'est pourquoi on retrouve souvent dans les jardins familiaux et dans de nombreux jardins de particuliers aujourd'hui, les tendances suivantes :
  • l'installation de nichoirs et d'hôtels à insectes,
  • la préservation de la qualité du sol par la technique du paillage,
  • la préservation des ressources en eau en installant des collecteurs d'eau de pluie plutôt que d'avoir recours à l'eau de ville,
  • La mise en place de composteurs pour réduire les déchets organiques...
Autant de petites habitudes qui ne coûtent rien mais qui font du bien à la nature !
 

Voltaire écolo avant l'heure ?

Voltaire aurait certainement apprécié nos jardins familiaux puisqu'il concluait son conte Candide en 1759 par la formule : "Cultivons notre jardin" à prendre au sens littéral ou plus philosophique.