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EMPRUNTEURS IMMOBILIERS : Trop "taux" pour s'inquiéter !

Par Christophe Raffaillac |  Le 30/06/2022

Le crédit immobilier n'échappe pas à l'inflation qui frappe notre économie. Cependant, la hausse s'applique sur des taux planchers qui permettent toujours d'emprunter sans se ruiner !

Abonnés aux promos depuis quelques années, les emprunteurs bénéficiaient de jolis rabais pour financer leur bien immobilier grâce à des taux d'intérêt limités. Ceux qui sont habitués à traquer les offres ont pu observer qu'un emprunt sur 20 ans se négociait en moyenne à 0,99 % en décembre dernier selon l'Observatoire Crédit Logement CSA. Depuis, pas mal d'évènements, inflation en tête (avec 4,5 % en mars pour la France), sont venus tendre la situation sur les marchés financiers. L'impact n'a pas tardé à se ressentir mais il reste modéré puisque le taux moyen sur 20 ans se situe seulement à 1,03 % en mars 2022. Pas de quoi paniquer, puisqu' à titre de comparaison ce taux moyen se situait à 1,39 % en février 2019 !

DES HAUSSES DE TAUX MODÉRÉES

Au fil des jours, les annonces de taux d'intérêt haussiers se succèdent. Au point de freiner bien des acheteurs qui risquent de différer leurs projets. Pour autant, la hausse de ce début d'année ne vient pas trop mettre à mal la dynamique immobilière basée sur des crédits bon marché. En effet, les conditions proposées actuellement par les banques conservent leur attractivité.
Si l'on se réfère aux valeurs communiquées par la Banque de France, le taux moyen atteint 1,14 % en mars. Certes, la hausse semble enclenchée puisqu'en décembre 2021 le taux se situait à 1,10 %, cette valeur record faisant suite à plusieurs mois consécutifs de baisse. De ce fait, il faut remonter à avril 2021 pour trouver des conditions d'emprunt analogues à celles que nous connaissons aujourd'hui, soit une valeur de 1,15 %.
Ce taux moyen masque bien sûr quelques disparités selon la durée d'emprunt. Le courtier Empruntis indique de son côté qu'un emprunt sur 20 ans a enregistré une progression de 1 % à 1,3 % depuis janvier dernier. Malgré cette hausse, l'emprunt immobilier conserve toute son attractivité selon les experts.

ACCÈS AU CRÉDIT PRÉSERVÉ

Bien sûr, la hausse des taux ne constitue pas une bonne nouvelle pour les emprunteurs. Les analystes de Meilleursagents.com estiment qu'une remontée de seulement 0,1 point sur un prêt de vingt ans entraîne mécaniquement une baisse de 1 % du pouvoir d'achat immobilier. Par exemple, l'acquéreur d'un bien de 100 m2 financé au taux de 1 % ne pourra s'offrir que 97 m2 si son crédit atteint 1,3 %.
Dans ce contexte, les banques s'efforcent de maintenir l'accès au crédit pour un maximum d'acheteurs. Si leur capacité d'endettement doit être réduite, ils peuvent se positionner sur des biens moins onéreux. Dans tous les cas, ils ne vont pas se heurter à des restrictions des conditions d'octroi. Il importe d'accompagner un maximum de clients dans leur acquisition, d'autant que les banques veulent aussi atteindre les objectifs de crédit ambitieux qu'elles se sont fixés cette année.

PÉRIODE FAVORABLE À L'ENDETTEMENT

visuel dossier
Cette hausse modérée des taux ne vient pas perturber l'équilibre immobilier compte tenu du contexte inflationniste que nous connaissons. La possibilité d'emprunter autour de 1,5 %, associée à une hausse des prix à la consommation de 3 % par an, génère des opportunités. Cela se traduit par un taux réel négatif. En effet, la Banque centrale européenne ne prévoit pas d'augmenter ses taux directeurs…
De plus, se décider actuellement permet de fixer le coût du crédit tandis que le prix d'acquisition du bien s'apprécie au fil des ans. Aussi longtemps que le taux de crédit demeure inférieur au taux d'inflation à long terme, les signaux restent au vert pour les candidats à la propriété. À moyen terme, si le prix de l'immobilier baisse, les taux d'intérêt risquent de monter. Il vaut mieux acheter maintenant avant que la situation ne se renverse trop, au risque de pénaliser les acheteurs avec un coût de crédit excessif !