Interview 

Les maisons en pierre
Le coup de cœur des acquéreurs !

Par Christophe Raffaillac |  Le 16/10/2020

Si le département des Alpes-de-Haute-Provence séduit pour son environnement préservé, il charme aussi pour ses bâtisses en pierre taillée. Des maisons de campagne pour tous les budgets, qui tendent à se raréfier depuis que les Français ont été confinés, comme l'explique Sophie Casanova-Tirand, notaire à Manosque.

Qu'est-ce qui caractérise une maison de campagne typique des Alpes-de-Haute-Provence ?

Sophie CASANOVA-TIRAND : Notre département offre une belle diversité de biens immobiliers selon que l'on se trouve en périphérie de villes, de petits villages de montagne ou de campagne. Une gamme de produits qui s'étend du chalet au pied des pistes à la demeure en pierre. Dans le secteur de Manosque, nous trouvons aussi bien des maisons de bourg que des propriétés avec terres attenantes. Des biens qui répondent aux attentes de cette période post confinement. À l'instar d'acheteurs résidant dans les Bouches-du-Rhône, qui se sont laissé séduire par une belle propriété dans notre secteur. Dans un premier temps, ils vont fonctionner en télétravail et, à terme, ils envisagent d'y passer leur retraite. Une tendance qui se traduit par un manque de biens à la vente actuellement.

En quoi ces maisons de campagne présentent-elles de beaux atouts ?

Sophie CASANOVA-TIRAND : Le Lubéron, qui s'étend jusque dans la partie ouest du département, se veut un marché de niche. Il profite d'une clientèle aisée qui se laisse charmer par les villages bien préservés… Un Lubéron courtisé pour sa qualité de vie. Petit à petit, il tisse sa toile au point de voir des secteurs comme Banon, Mane, Forcalquier et villages alentours objets d'un engouement certain ! À cette belle carte de visite, les Alpes-de-Haute-Provence ajoutent une situation géographique enviable, à mi-chemin entre la Méditerranée et les Alpes, à une heure de la mer ou des pistes de ski. Du Lubéron aux Gorges du Verdon, il n'y a qu'un pas ! Sans oublier un environnement dépaysant et apaisant qui contribue à l'attractivité du parc immobilier. N'oublions pas l'ensoleillement généreux qui séduit les acquéreurs. Pour en profiter, il reste quelques produits authentiques se destinant à une habitation principale ou secondaire.

Quels critères faut-il prendre en compte ?

Sophie CASANOVA-TIRAND : Comme pour tout bien immobilier, il faut s'intéresser à la qualité de l'emplacement, aux travaux à prévoir, à la présence de commerces à proximité, à l'accès au réseau autoroutier… Critères qui facilitent  la revente d'une maison de campagne.

Quel budget faut-il envisager ?

Sophie CASANOVA-TIRAND : Comme dans beaucoup de secteurs, le marché s'est tendu et les prix ont monté. Pour les petites maisons de ville, 100 000 € peuvent permettre d'accéder à la propriété. Avec un jardin, le prix démarre à 150 000 €, même dans le nord du département qui reste moins cher que la partie sud. Pour une maison de campagne à l'architecture typique et disposant de terrain, le prix grimpe dans une fourchette de 200 000 à 300 000 €. Et lorsqu'il s'agit d'une propriété de caractère, en pierre, rénovée au goût du jour sur 1 hectare de terrain, il faut débourser 1 million d'euros. Ce qui traduit une belle diversité de biens immobiliers pour tous les budgets.

Que préconisez-vous pour acheter actuellement ?

Sophie CASANOVA-TIRAND : La crise actuelle s'accompagne de quelques interrogations en vue de l'acquisition d'une maison de campagne. Comment l'emprunt immobilier sera honoré en cas de perte d'emploi ? Le prêt relais pourra-t-il être aisément soldé grâce à la revente du bien détenu ? Si je conseille de ne pas réaliser une acquisition dans la précipitation, il faut jouer la carte de la sécurité et s'endetter avec l'accord du banquier. Pour ceux qui disposent du budget, il faut foncer car l'immobilier offre une bonne valorisation dansle temps. Comme nous rencontrons plus d'acquéreurs que de vendeurs, le marché ne risque pas de se retourner. Un contexte qui suppose parfois de revoir ses priorités de recherche. Comme une de mes amies vivant dans les Bouches-du-Rhône l'a fait, en achetant sa résidence secondaire 30 km plus loin que prévus initialement, mais en profitant d'un tout autre dépaysement offert par un charmant hameau dans le pays de Forcalquier.
            
Propos recueillis en sept. 2020