Interview 

Marché immobilier
Joli rebond de la pierre

Par Marie-Christine Ménoire |  Le 25/08/2020

Aucun effet de la crise sanitaire n'est à déplorer sur le marché immobilier. Bien au contraire, la pierre jouit d'une santé de fer à en juger par l'engouement des acquéreurs comme en témoigne Antoine TRIAU, notaire à Saint-Jacques-de-la Lande.

En quoi le marché a-t-il changé depuis le déconfinement ?

Tout d'abord, soulignons que le marché a repris avec une vigueur exceptionnelle dès la fin du confinement. Les Bretilliens étaient, semble-t-il, dans les " starting-blocks" pour reprendre au plus tôt leurs projets. Le déconfinement a fait la part belle à de plus nombreuses demandes de maisons, d'appartements avec terrasses ou extérieurs voire, dans une moindre mesure, aux terrains de loisir. C'est un large plébiscite pour plus d'espace et de nature dans la ville. Face à ces nouvelles exigences, le marché des grandes zones urbaines de notre département demeure très tendu. La raison ? Une demande bien supérieure à l'offre.

 

Quels critères faut-il privilégier dans le choix d'un bien ?

Le critère essentiel, que l'on parle d'une résidence principale ou secondaire et même d'un investissement, demeure l'emplacement. Sa qualité est conditionnée par la proximité avec les transports en commun, les commerces et services, les écoles, une zone d'emploi stable et dynamique et la présence d'équipements publics, tels que des parcs ou des espaces verts assurant une bonne qualité de vie. Ce sont ces équipements et l'environnement qualitatif qui participent à la stabilité du bien sur le marché dans l'hypothèse d'un retournement. Dès lors, il faut privilégier le dynamisme d'un quartier à l'esthétique d'une maison. En effet, choisir un bien pour sa "beauté" intrinsèque en le déconnectant de son environnement socio-économique peut être un pari risqué. Toutefois, s'agissant d'une résidence secondaire, on dérogera plus volontiers à ces critères pour préférer la vue ou l'exposition. Quoi qu'il en soit, se faire plaisir demeure une bonne option, à condition de se ménager quelques garde-fous. J'invite les acquéreurs à lister les avantages et inconvénients du bien convoité, d'avoir une vision long-termiste en se renseignant sur les évolutions prévisibles du quartier. Une densification est-elle permise par l'urbanisme ? Le métro amorce-t-il son arrivée ? Une école va-t-elle s'ouvrir ? Il ne faut surtout pas se priver d'être curieux.
 

Que conseillez-vous pour acheter dans les secteurs dits tendus ?

Dans ce marché bretillien très tendu en zone urbaine et péri-urbaine, il faut être très réactif lorsque l'on se met en quête d'un bien. Je conseille aux acquéreurs, et a fortiori aux primo-accédants, de rencontrer un maximum d'acteurs dès le montage de leur projet pour le clarifier, et ainsi être prêt à faire une offre lorsque "la perle rare" se présente. Qui rencontrer ? Les différents acteurs de l'immobilier, c'est-à-dire ceux qui négocient les biens, les agences immobilières et les offices notariaux, ceux qui construisent, qu'il s'agisse de promoteurs ou de constructeurs de maison individuelle, ceux qui aident au financement comme les banques et les courtiers en financement, et enfin celui qui apporte à l'achat sa touche finale en garantissant la sécurité juridique et patrimoniale de la transaction : votre notaire bien sûr. Un manque d'anticipation pourrait faire défaut face à d'autres candidats acquéreurs dont le projet est plus abouti. Cette anticipation peut paraître superfétatoire mais d'expérience, elle fait souvent la différence. En cas d'offre équivalente, le vendeur ou son conseil privilégiera le dossier le plus solide, afin de s'assurer que l'opération arrive à son terme.

En quoi une résidence secondaire constitue un bon investissement ?

Avant d'être un investissement, l'achat d'une résidence secondaire reste souvent un "achat plaisir" qui pourra être rentabilisé via la location par exemple. Que ce soit un investissement pur ou un achat plaisir, l'acquisition d'une résidence secondaire constitue un excellent placement puisque la pierre demeure une valeur refuge. Dans un pays en mal de logement, la valeur vénale d'une résidence secondaire ainsi que sa valeur locative varient peu. Suite à la crise financière de 2008, si des baisses ont pu apparaître, la valeur des maisons de vacances est vite remontée, et souvent à des niveaux de prix plus élevés qu'auparavant. Acheter demeure donc un bon investissement à condition de bien contingenter son budget et de pouvoir porter son opération dans la durée.

Quel est votre avis quant à l'évolution des prix dans les mois à venir ?

Le marché a repris très fort dès le début du déconfinement. L'économie est pour l'heure stable et les secteurs urbains tels que la métropole rennaise ou l'agglomération de St-Malo, demeurent très demandés : la baisse des prix n'est donc pas encore à l'ordre du jour pour ces zones urbaines et péri-urbaines. Toutefois, si la crise sanitaire devait perdurer, nous pourrions être confrontés à un ralentissement provisoire du marché.